Les métiers de la transition

Cette page a pour objectif de donner une vue d'ensemble des différents secteurs d'activités qui pourraient avoir un rôle essentiel à jouer dans cette transition vers une société de la résilience, c'est à dire une société capable de répondre aux enjeux urgents et gigantesques du 21ème siècle. 

Introduction : Une double transition

Depuis la fin des années 80 et plus singulièrement depuis les années 2000, deux tendances de fond transforment profondément et radicalement nos modes de vie. Cette double transformation nous projette dans une nouvelle ère dont nous n'avons pas encore tout à fait tracé les contours. 

1. La transition numérique 

Elle se confirme un peu plus chaque année, modifiant nos modes de vie, faisant apparaître de nouveaux secteurs d'activité et en faisant disparaître d'autres. Tous les métiers sont touchés par cette vague de changement particulièrement puissante. Historiquement, chaque changement de support d'écriture a toujours engendré des modifications civilisationnelles profondes. Avec le passage au numérique, nous sommes rentrés dans une nouvelle phase historique. 

Il est cependant essentiel que des collectifs citoyens et des institutions puissent se réapproprier la maîtrise de l'outil numérique. Un numérique citoyen, local, maîtrisé et indépendant doit encore émerger. L'hyper-dépendance actuelle aux géants du numérique diminue fortement nos capacités collectives de résilience. 

Face à la puissance du numérique, une éducation critique à son utilisation devient essentielle. L'utilisation d'outils numériques libres par les écoles manque encore de manière flagrante dans les actuels programmes pédagogiques.

2. La transition écologique et énergétique

Nous vivons les dernières décennies de pétrole abondant. Par après, sur une planète limitée avec une population croissante, nous devrons apprendre à être beaucoup moins dépendants des énergies fossiles. Actuellement la presque totalité des secteurs d'activité ne pourrait fonctionner sans pétrole. Une fois que celui-ci se fera plus rare, tous les métiers devront se réinventer.

Le réchauffement climatique, l'effondrement de la biodiversité, les problèmes de pollution et l'explosion des inégalités sociales amènent une série de chercheurs à encourager un véritable changement de société et la concrétisation d'une véritable économie écologique. 

 

Aujourd'hui les transitions numériques et écologiques sont encore souvent en concurrence. Le développement chaotique et commercial du numérique, extrêmement gourmand en énergie, aggrave cruellement l'empreinte écologique de la planète. Toutefois, petit-à-petit, certaines initiatives parviennent à réconcilier ces deux transitions, mettant le numérique au service de la transition écologique et du progrès social. 

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Liste expérimentale et non-exhaustive des métiers de demain

Cette liste est une synthèse de plusieurs années de recherche sur les métiers liés à la transition écologique et numérique. Loin d'être une fin en soi, elle est un support de réflexions pour les jeunes et moins jeunes qui cherche à trouver un métier en cohérence avec les transitions écologiques et numériques actuellement en cours.  

Revenir à l'essentiel : Vers une refonte et une revalorisation des métiers de service public

Après 30 années de néolibéralisme ayant détricoté et dévalorisé les métiers de la fonction publique, aujourd'hui, il est possible que ceux-ci retrouvent tout leur sens et leur utilité. Les enjeux du 21ème siècle sont globaux et demanderont des réponses collectives pour être surmontés. L'ampleur de ces enjeux va entrainer une refonte d'une série de métiers tournés vers le collectif : les chercheurs, les enseignants, les fonctionnaires d'état, le personnel de santé, les services publics de proximité (police, pompiers, administration locale) risquent de voir leur fonction chamboulée par l'ampleur des défis à relever. Il faudra de la créativité, de la solidarité et un véritable appui de la population pour qu'ils puissent assumer leur tâche dans les meilleures conditions. 

 

Nous allons sans doute quitter l'état providence (ou la population se présente comme consommatrice des services de l'état) à un état facilitateur, coordinateur... (ou des collectifs citoyens participent activement et solidairement aux missions de l'état, grâce aux possibilités du numérique notamment)... car les fonctionnaires ne pourront pas tout assumer, la tâche risque d'être trop grande...  La crise du Coronavirus, les innondations et la crise migratoire montrent que les états sont aujourd'hui en difficulté pour répondre de manière ajustée à toutes leurs conséquences. Leur gestion et la manière avec laquelle des collectifs citoyens prenant parfois le relais de l'état, sont peut-être un avant goût de la décennie qui s'ouvre.

Première partie : Les métiers de la transition numérique

Depuis 1990, la transition numérique n'a cessé de s'accélérer. Tous les domaines aujourd'hui se numérisent. Certains métiers, remplacés par l'intelligence artificielle, sont voués à disparaître, et d'autres, utiles au bon fonctionnement des systèmes informatiques, sont aujourd'hui en plein boum. 

A. Les métiers de l'informatique

Aujourd'hui, les besoins en compétences informatiques ont explosé. Dans tous les domaines, on cherche des personnes capables de pouvoir travailler avec l'outil informatique, capables aussi de pouvoir le faire évoluer. 

 

Le forem a publié une étude soulignant l'impact du numérique sur de nombreux secteurs d'activité :

https://www.leforem.be/chiffres-et-analyses/metiers-d-avenir-transition-numerique.html

 

Le Siep a également développé une liste exhaustive des métiers et des formations en lien avec l'informatique : 

http://metiers.siep.be/domaines/informatique-telecommunication/

Si le secteur est promis à un bel avenir, la seule inconnue qui subsiste concerne la disponibilité des ressources et matières premières pour faire tourner un secteur particulièrement énergivore.

Philosophiquement, avons-nous également envie que l'intelligence artificielle et le virtuel prennent encore plus de places dans nos vies... ? La question mérite d'être posée et le développement de ces domaines demande aujourd'hui un accompagnement éthique pour leur permettre de se déployer pour le bien commun, plutôt que l'inverse.

Et si des connaissances en informatique permettent effectivement de rentrer facilement sur le marché de l'emploi, il faut reconnaitre que le domaine ne convient pas à tous les tempéraments. Là où certains seront vitalisés par le numérique, d'autres pourront complètement dépérir... 

B. Les Arts numériques

« Art digital », « Computer based arts », « Net arts », « Arts électroniques », etc., les appellations sont nombreuses pour désigner ce secteur qui mêle à la fois l’art, les technologies et les sciences.

Il attire aujourd'hui de plus en plus de jeunes, notamment les profils créatifs. De nombreuses formations dans le domaine sont aujourd'hui particulièrement attractives : ex, chez Molengeek

 

Le Siep a construit une liste particulièrement fournie des nouveaux métiers liés aux arts numériques. 

Vous la trouverez ici : http://metiers.siep.be/publications/arts-numeriques/

C. Yeswiki ou comment réconcilier la transition numérique et écologique ?

Yeswiki est un exemple d'initiative permettant à  tout à chacun de développer des compétences pour faciliter, grâce au numérique, la coopération à l'intérieur d'une entreprise, d'une association, d'un quartier, d'une famille. 

 

Voici la description de ses fondateurs : YesWiki est un logiciel libre né du croisement des discussions et savoir-faire de développeurs et animateurs de projets coopératifs. A l'image d'une page blanche, ses usages sont quasiment illimités : ils dépendront de votre créativité!YesWiki est aujourd'hui maintenu et amélioré par une communauté de professionnels issus d'horizons différents qui prend du plaisir à partager ses rêves, ses créations et ses développements.

Pour découvrir cet outil et sa philosophie  : https://yeswiki.net/?AccueiL

En cliquant sur l'image ci-dessous, vous trouverez un résumé des enjeux liés à la nécessité d'une écologie numérique aujourd'hui.

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Deuxième partie : Les métiers du développement durable

Le développement durable  est une nouvelle conception de l'intérêt général, appliquée à la croissance économique et reconsidérée à l'échelle mondiale afin de prendre en compte les aspects  environnementaux  et  sociaux d'une planète globalisée. Selon la définition donnée par l'ONU, le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Il s''inscrit encore dans la logique d'une société capitaliste industrielle cherchant à créer de la « croissance verte ».

 

L'ONU, en publiant ces 17 objectifs pour le développement durable, encourage aujourd'hui tous les métiers à se réinventer pour répondre aux enjeux écologiques, énergétiques et sociaux du 21ème siècle. 

A. Quelques exemples de métiers en lien avec le développement durable 

 

Biologiste en Environnement : Le biologiste qui se spécialise en environnement cherche à lutter contre les dérives du monde moderne et leurs effets néfastes sur les milieux naturels (faune et flore) et sur la santé. Ses domaines de prédilection sont la détection et la gestion de la pollution, le traitement des eaux et des déchets et les problèmes de réchauffement climatique

 

Animateur en énergie : L'animateur en énergie a pour mission de sensibiliser des publics divers à l'utilisation rationnelle de l'énergie. Il conçoit et met en place des formations, des animations, des événements pour informer le public et le rendre actif dans son utilisation quotidienne de l'énergie.

 

Auditeur énergétique : L'auditeur énergétique réalise le check-up d'habitations privées, de bâtiments publics ou privés. Il passe en revue une série de points et analyse ce qui peut être amélioré pour réduire les consommations d'énergie. Le check-up porte sur l'isolation des parois extérieures, l'installation de chauffage, le système de production d'eau chaude et la consommation d'électricité. Il analyse également avec l'occupant des lieux ses factures d'énergie et le mode d'utilisation de ses équipements (thermostat d'ambiance, vannes thermostatiques, etc.)

 

Conseiller en énergie renouvelable : Le conseiller en énergies renouvelables est chargé d'informer et de conseiller les particuliers ou les organismes sur les énergies renouvelables. Il donne des conférences, participe aux salons d'information ou à tout événement où il est susceptible de conseiller le public. Il agit également comme relais entre les personnes désireuses de s'équiper en installations pour produire leur propre énergie et les professionnels qui les installent. Il renseigne quels sont les installateurs agréés, il aide au choix d'un devis, il répond aux interrogations des futurs utilisateurs, etc

 

Ecoconseillère : L'éco-conseiller est le généraliste de l'environnement et du développement durable. Sa mission principale est de promouvoir et de faire respecter les principes du développement durable par le plus grand nombre d'acteurs possibles. Sa vocation est d'assurer au maximum la prise en compte de la protection de l'environnement et des ressources naturelles (air, eau, sols, faune, flore, etc.) et d'intégrer les activités humaines dans une perspective de développement durable. La résolution d'un problème environnemental nécessite souvent le recours à plusieurs disciplines et, bien sûr, au dialogue entre les spécialistes

 

Ingénieur·e en agronomie, bioingénieur·e : L'ingénieur en agronomie est mu par l’objectif de protéger la nature et/ou d’en optimaliser l’exploitation. Sa pratique l’amène à le décliner dans des domaines variés comme la Chimie et les Bio-industries (chimie, biologie, biotechnologies, bio-informatique, génétique, sciences et technologies des aliments, technologies de l'eau, etc.), les Sciences et technologies de l’environnement (Nature, Eaux, Forêts, génie rural et environnemental, la gestion de l'environnement et l'aménagement du territoire) ou encore les Sciences agronomiques (agronomie générale, tropicale, économie et développement, protection des végétaux, horticulture, productions animales, etc.

 

Les métiers de l'éolien : Chef de chantier éolien, ingénieur en construction d'éolienne, électricien éolien..

 

Les métiers du photovoltaïques : Ingénieur en photovoltaïque, installateur de panneaux, ...

 

Les métiers de l'agriculture biologique à grande échelle : Agriculteur, ingénieur agronome, chercheur...

 

Les métiers de l'ingénierie, de la production, de la distribution, du commerce et de la finance au sens large : Un mouvement est un marche pour essayer de réduire la production de CO2 et de déchets, tous domaines confondus.  Toutes les entreprises, de plus en en plus contraintes par des règles environnementales strictes, doivent essayer de se développer durablement. La problématique s'intègre donc petit-à-petit dans le cursus des études et dans la pratique des métiers. C'est une thématique transversale. 

Aujourd'hui les métiers du développement durable ont le vent en poupe, car il sont notamment soutenus et encouragés par les politiques. Ils sont une étape essentielle vers une société plus respectueuse de de l'environnement.

Toutefois, certains critiquent cette approche, car elle préconise que la croissance économique est toujours possible, alors que fondamentalement les ressources sont limitées. Selon eux, le développement durable n'encourage pas une transition écologique forte, changeant profondément la société. « La croissance verte » serait un mirage...

B. L'économie circulaire pour un développement durable ambitieux

 

L'économie circulaire est un concept économique qui s'inscrit dans le cadre du développement durable et qui s'inspire notamment des notions d'économie verte, d’économie de l'usage ou de l'économie de la fonctionnalité, de l'économie de la performance et de l'écologie industrielle (laquelle veut que le déchet d'une industrie soit recyclé en matière première d'une autre industrie ou de la même).

Une telle économie fonctionne en boucle, se passant ainsi de la notion de déchet. Son objectif est de produire des biens et services tout en limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières, et des sources d'énergies non renouvelables.

 

- Dans les métiers du bâtiment

- Dans le commerce (nourriture, vêtements, objets du quotidien...)

- Les ressources et le recyclage des déchets

- La logistique (organiser l'économie circulaire à grande échelle)

Pour avoir un aperçu des possibilités et du développement de l'économie circulaire, vous pouvez visiter le portail de la région bruxelloise et de la région Wallonne sur cette thématique : be circular be.brussels (circulareconomy.brussels) ; Economie circulaire | L'économie circulaire en Wallonie

Aujourd'hui l'économie circulaire est ouvertement et sérieusement soutenue par les pouvoirs publics. Ce qui crée des débouchés et de vraies perspectives professionnelles dans ce secteur. 

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Troisième partie : Les domaines de la transition écologique

La transition écologique est une évolution vers un nouveau modèle économique et social, un modèle de société soutenable qui renouvelle nos façons de consommer, de produire, de travailler, de vivre ensemble pour répondre aux grands enjeux environnementaux, ceux du changement climatique, de la rareté des ressources, de la perte accélérée de la biodiversité et de la multiplication des risques sanitaires environnementaux. Cette transition s'accompagne d'un ralentissement et d'une décroissance de la consommation.

 

Vous pouvez découvrir sur le site de la Libreinspire, des dizaines de témoignages de personnes qui ont inventé ou transformé leur métier pour s'insérer fortement dans la transition écologique. Ces témoignages montrent que cette transition est possible, qu'elle demande souvent une belle créativité. https://dossiers.lalibre.be/inspire/

A. L'économie collaborative

L’économie collaborative est une activité humaine de pair à pair, qui vise à produire de la valeur en commun et qui repose sur de nouvelles formes d'organisation du travail et d'échanges. Elle repose sur une société du partage, qui passe par la mutualisation des biens, des espaces et des outils, des savoirs (l'usage plutôt que la possession), l'organisation des citoyens en "réseau" ou en communautés et généralement l'intermédiation par des plateformes internet (à l'exception de modèles comme les réseaux d'échanges réciproques de savoirs) dont le fonctionnement « repose sur des algorithmes qui font de l'appariement entre différents acteurs sociaux ». L'économie collaborative est l'un des trois principaux écosystèmes d'usages numériques où le travail numérique s'exprime positivement. 

A.1 Dans l'alimentation

Les potagers urbains (ex : le début des haricots

Les distributeurs de paniers biologiques (ex : la ruche qui dit oui

Les supermarchés coopératifs et/ou participatifs (ex: agricovert, coopéco...) 

A.2 : Dans l'habitat

La création et la  facilitation d'habitat groupé (ex: Habitat et participation...)

La gestion de biens communs au profit d'une communauté locale (ex: Communa...) 

L'habitat intergénérationnel (ex: Jardinâges...)

 

A.3 : Dans les espaces de travail ou de production collaboratif

Les espaces de co-working (ex : Transforma, ...) 

Les Hakerspaces (ex : Hacker spaces Brussels, ...

Les fablabs (ex: Fablab de l'ULB, ....) 

 

A.4 : Dans le transport

Le covoiturage (ex blablacar, ...) 

L'auto-partage (ex Cambio, ...) 

Les vélos partagés (ex Villo, ...) 

A.5 : Dans le voyage

L'échange de maison (ex Trocmaison, ...) 

Le gardiennage de maison (ex Pawshake, ...) 

Le couch et food-surfing (ex couchsurfing, ...) 

Le Wwoofing (ex Woofing en Belgique

 

A.6 : Dans les savoirs

Les site d'échanges de compétences et de savoirs (ex wikipédia, ...) 

 

A.7 : Dans les biens matériels

Les prêts d'objets (ex tout se loue, ...) 

Le commerce de la seconde main (ex Vinted, ...) 

 

A.8 : Dans la finance et l'entreprise

Les monnaies alternatives (ex la monnaie le Val'heureux à Liège) 

Le crowfounding (ex Mimosa, ...) 

Le développement d'une finance éthique et participative, facilitée par le numérique (ex NewB, ...) 

A.9 : Dans la culture numérique

Les licences libres (ex les créatives commons, ...) 

Les logiciels libres (ex Framasofts, ...)  

 

A.10 : Dans la politique

La démocratie directe et participative, facilitée par le numérique (ex : Agora Bruxelles, ...)  

A.11 : Dans la vie des quartiers 

Les services d'échanges locaux (ex les SEL, ...) 

Dans l'économie collaborative on peut retrouver des initiatives s'inscrivant clairement dans la transition vers un nouveau modèle de société plus respectueux de l'environnement et plus solidaire. D'autres y voit surtout une opportunité pour développer un projet et une entreprise qui peut générer du profit tout en ayant un impact positif sur la société. Dans tous les cas, le mouvement est enclenché et devrait s'intensifier dans les décennies qui viennent. 

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B. Le domaine et les outils de l'intelligence collective

 

L'intelligence collective représente la capacité intellectuelle d'une communauté d'individus qui est issue des interactions entre ses membres, permettant d'effectuer des tâches complexes grâce aux synergies réalisées. Les outils de l'intelligence collective participent à la transformation des méthodes de management pour faire davantage participer les membres d'une équipe aux décisions. Ces nouvelles manières de fonctionner répondent en général positivement aux attentes des nouvelles générations de travailleurs. Elles débouchent aussi sur de nouveaux métiers.  Elles vont souvent de pair avec le développement d'une économie plus collaborative. 

- La décision par consentement 

- La communication non-violente

- Les nouveaux outils numériques libres au service de l'intelligence collective (ex. Yeswiki...) 

- La médiation 

- La facilitation de réunions, de collectifs. 

L'Université du nous propose des outils en ligne pour s'approprier et se former à l'intelligence collective. 

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D. Concrétiser la transition écologique

Au delà d'un développement durable, certains observateurs appellent à une véritable transition écologique dans tous les domaines. Cette transition permettrait de transformer en profondeur la société, pas seulement dans ses moyens de production et de consommation, mais aussi dans la manière même de concevoir le sens de l'existence. 

Fondamentalement cette transition permettrait de préserver ce que qu'on appelle les communs (notre patrimoine naturel, social et culturel...), en vue de renforcer notre résilience et de pouvoir se donner toutes les chances de traverser les catastrophes annoncées. 

Elle se concrétiserait à la fois par une décroissance de la consommation individuelle et par une redécouverte de modes de vie plus collectifs. 

Publié en 2020, le manuel de la Grande Transition permet d'avoir une vue d'ensemble de que pourrait être cette transition à l'échelle d'une vie, d'un quartier, d'une ville, d'un pays, d'un continent... 

 

Ici nous nous contenterons de donner quelques exemples, déjà visibles, de ce que pourrait être cette transition, tous domaines confondus. 

Dans l'agriculture et  l'alimentation

Développer l'agro-écologie

Organiser un nouvel accès à la terre (ex : Terres-en-vue)

Préserver les semences (ex :Les grainothèques, ...) 

Devenir Nimaculteurs (les nouveaux agriculteurs, exode urbain vers les campagnes...)

Développer la Slow food

.....

 

Dans le domaine de l'énergie

Développer un éolien citoyen (ex Nosse moulin...) 

Encourager le solaire thermique (ex. Rewallonia, ...) 

Favoriser l'économie des flux d'énergie.  

Expérimenter des modes de vie moins énergivore

.....

 

Dans l'architecture et la construction

Dessiner et construire des maisons, passives, végétales et recyclables dans le cadre d'habitats collectifs 

Trouver et concevoir les nouveaux matériaux de construction écologiques (ex. ecobati, ...) 

Déployer l'habitat léger

Dans la médecine

Concrétiser une médecine écologique qui prend directement en compte l'écologie du patient et l'impact environnemental des remèdes proposés. (ex. médecine environnementale...)

 

Dans le journalisme

Encourager la transition écologique par les mots, par des exemples inspirants 

Encourager la mise en lien des initiatives... 

Déployer un regard critique et constructif sur la transition

(Ex, le magazine Imagine)

 

Dans l'art et la culture

Déployer un nouvel imaginaire 

Imaginer un art participatif et inclusif 

Permettre à l'art d'intégrer davantage les écoles, les entreprises, les homes, les quartiers...

(Ex, PANG)  

 

Dans l'accompagnement

Le développement de l'approche du CARE dans tous les métiers du social.

 

...

 

Au delà de ces domaines, tous les métiers entament aujourd'hui une prise de conscience écologique. C'est une vague de fond qui ne fera que s'accroître à l'avenir.

 

Au delà du choix d'un métier, cette transition se réalise avant-tout par un changement d'état d'esprit, une nouvelle manière d'envisager sa vie.

Il s'agit de concrétiser petit-à-petit un nouveau paradigme, tout secteur confondu.

 

En ce sens trois évolutions sont en cours :

 

- L'apparition de métiers verts  directement liés à la préservation des ressources et de l'environnement (l'eau, les forêts, le paysage, la gestion des déchets...). Des formations et des diplômes existent pour ces métiers.

- Le développement des « métiers verdissants » se réinventant en intégrant directement la dimension écologique (l'architecture, la production alimentaire, les transports... ). Dans tous les secteurs, des formations se développent autour de cette thématique.

- La modification du rapport au travail, avec le développement de « modes de travail » plus écologiques : ralentir, travailler moins et mieux, diminuer ses déplacements, réfléchir au sens de sa profession, travailler la qualité des relations, sortir de l'unique logique du profit, veiller au bien commun.... Des outils, des formations sont proposées pour changer petit-à-petit son mode de vie, son rapport au travail et à la consommation...

 

Pour concrétiser une transition à franche échelle, un collectif d'universitaires français a rédigé le Manuel de la Grande Transition. Celui-ci propose 6 portes pour intégrer et trouver sa place dans les transitions en cours. Le manuel montre que ce mouvement est systémique, global et changeant. Il offre des concepts clairs pour pouvoir situer ses habitudes, son métier et son imaginaire par rapport à la transition. 

Dans l'image ci-dessous vous découvrirez un résumé des 6 portes de l'ouvrage : 

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E. Les metiers de la résilience

Certains auteurs vont plus loin qu'un simple appel à la transition écologique. Ils annoncent purement et simplement un effondrement progressif de la civilisation thermo-industrielle entre 2025 et 2050. Ils appellent dès aujourd'hui à construire une société plus résiliente, c'est-à-dire capable de survivre à l'effondrement des systèmes économiques et politiques actuels.

D'après eux, nous vivons une époque particulière, une fin de cycle marquée par des changements profonds et qui s'accélèrent. 

 

Certains commencent à imaginer une liste des métiers qui devront se développer dans un contexte d'effondrement. Pour amoindrir le choc de l'effondrement de nos systèmes économiques et politiques, ils préconisent le développement dès aujourd'hui d'une économie résiliente, capable de survivre aux effondrements qui s'annoncent.

 

En Belgique, un institut vient de se créer pour offrir des formations en la matière : https://www.incredibleacademy.be

Le low tech (technologies douces...)

 

Le low-tech ou basse technologie, par opposition à high-tech, est un ensemble de techniques apparemment simples, pratique, économiques et populaires. Elles peuvent faire appel au recyclage de machines récemment tombées en désuétude.

Ce sont des solutions techniques qui cherchent à être simples, bien pensées, bien dimensionnées et réparables et une fabrication plus locale, plus proche de l'artisanat que de la production industrielle. Il peut aussi s'agir de prosommation, c'est à dire production par l'utilisateur. 

Pour découvrir davantage l'univers low tech, consultez le Low-tech Lab

La permaculture (jardinage biologique intensif...)

 

La permaculture est une méthode systémique et globale qui vise à concevoir des systèmes (par exemple des habitats humains et des systèmes agricoles, mais cela peut être appliqué à n'importe quel système) en s'inspirant de l'écologie naturelle (biomimétisme ou écomimétisme) et de la tradition. Elle n'est pas une méthode figée mais un « mode d'action » qui prend en considération la biodiversité de chaque écosystème. Elle ambitionne une production agricole durable, très économe en énergie (autant en ce qui concerne le carburant que le travail manuel et mécanique) et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques, tout en laissant à la nature « sauvage » le plus de place possible. 

 

Une multide de formations commencent à apparaitre en la matière.

Un exemple ici : https://www.terreetconscience.be/formations/permaculture

Les médecines holistiques

 

La thérapie holistique est une expression de la médecine non conventionnelle, s'appuyant sur un sens dérivé du holisme, et désignant des méthodes qui seraient fondées sur la notion d'un soin apporté en tenant compte de la « globalité de l'être humain » : physique, émotionnel, mental et spirituel, ou corps-esprit et considérant le patient comme une personne et non comme un malade

 

Exemple de disciplines qui favorisent une approche holistique :

 

Naturopathie

Aromathérapie

Phytothérapie

Homéopathie

Médecine chinoise

Ostéopathie douce

Réflexologie

Kinésiologie

Micro-kiné

Le reiki

...

 

Voici un site reprenant les formations "sérieuses" en la matière. Comme le domaine n'est pas encore régulé, on peut trouver tout et n'importe quoi comme proposition. 

https://www.bio-info.com/articles/sante-bien-etre/337-une-nouvelle-passerelle-formations-en-therapies-naturelles

La communication animale, végétale...

 

Petit-à-petit se développe des formations et des approches nouvelles de la nature et du vivant permettant de rentrer autrement en communication avec un animal, un végétal, avec la nature en général. Ces découvertes révolutionnent notre rapport à la nature en permettant de la comprendre en profondeur.

 

Voici un exemple de formation en la matière : http://www.isabelle-visee.be/formation.html

L'université de Liège a également lancé un certificat pour approfondir la médiation animale

La collapsologie

 

Exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur la raison, l’intuition, la sensibilité et des travaux scientifiques reconnus.

 

Voici le lien vers le premier magazine consacré à cette approche : https://yggdrasil-mag.com

Tenter de comprendre la réalité quantique : quand la physique rejoint la métaphysique...

 

Chaque jour, sans le savoir souvent, nous utilisons les créations issues des travaux de la physique quantique : appareils numériques, portables GSM, ordinateurs PC, Internet, Wifi, ouvertures de portes à reconnaissance laser…..

Au delà de ce constat, selon les enseignements de la physique quantique, le monde ne se résume à de la simple matière, celle-ci est avant tout des êtres faits d’énergie et d’informations.

Les recherches dans la matière ouvrent une nouvelle vision du monde: la possibilité d'univers parallèles, la possibilité d'un lien entre la conscience et la matière, une vision relative du temps, une autre vision de la mort,... 

 

Des phénomènes encore inexpliqués comme la mémoire cellulaire, les transmissions de pensée, les guérisons spontanées, les intuitions, les syncronicités, la médiumnité, la télékinésie, l’homéopathie seraient alors également décodables avec un peu plus de lucidité. 

Voici une vidéo Ted Ex expliquant les enjeux et les possibilités de la physique quantique.

Voir également le site de l'Université interdisciplinaire de Paris qui étudie toutes ces questions.  

 

Comme dans toutes nouvelles disciplines, on peut lire tout et n'importe quoi sur le sujet, toutefois la recherche avance et ouvre un tout nouveau champs d'investigation qui peut intéressé tous ceux qui essayent d'expliquer l'inexplicable...

 

A l'école de la résilience

 

Il s'agit du développement de nouvelles pédagogies encourageant la connexion à la nature, le travail sur soi, l'apprentissage de la démocratie directement dans la classe, la créativité, la relation entre les générations, l'apprentissage de nouveaux paradigmes, l'ouverture à la spiritualité...

Exemple : l'école éco-lieu de l'Orneau 

Trouver la transition en soi

 

Enfin la résilience, c'est avant tout la capacité à pouvoir se relever d'un choc et d'un traumatisme, qu'il soit individuel ou collectif. Le développement de la résilience passe donc inévitablement par un travail sur soi, sur notre histoire, notre ombre, nos peurs et surtout nos rêves et nos plus profondes aspirations...

Elle passe également par le développement d'une profonde confiance en soi, en l'autre, en la vie et le sentiment d'être connecté à plus grand que soi...

 

Plusieurs écoles psychologiques et courants spirituels proposent des approches permettant à chacun de renforcer sa propre capacité de résilience :

La psychologie humaniste

L'éco-psychologie

La simplicité volontaire

La transition intérieure

La spiritualité au sens large du terme (chrétienne, bouddhiste, chamanique, musulmane,... )

 

Au delà du choix d'un métier et d'une transformation profonde de la société, l'approche de la résilience est avant tout une invitation à se transformer de l'intérieur. Elle demande à faire le deuil d'un mode de vie matérialiste, prévisible et sécurisé. Elle demande plutôt à trouver sa force dans une foi inébranlable dans la vie, dans la possibilité d'exprimer ce qui résonne au plus profond de nous : l'amour, la solidarité, le courage d'être soi, le partage de nos connaissances et de nos aspirations les plus profondes.

 

Le pape François, en encourageant l'écologie intégrale qu'il développe dans son encyclique Laudato Si, a montré que la transition écologique ne pouvait se faire qu'à condition d'encourager dans le coeur de chacun une véritable transition intérieure. 

 

 

« L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire »

Henri Bergson